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Référencement Google

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Introduction

Le World Wide Web (www) est une vaste source d'information qui grossit à vitesse exponentielle.

Les moteurs de recherche doivent donc continuellement s'adapter afin de suivre ce rythme effréné et ne pas prendre de retard dans l'indexation de toutes ces nouvelles pages.

Si le moteur de recherche Google est sorti du lot et a devancé les stars d'hier (Altavista et Yahoo!), c'est parce qu'il a réussi ces 2 challenges :

  • indexer le plus de documents possible, rapidement
  • présenter des résultats triés, les plus pertinents en premier.

Référencement Google : Comment ?

Comment fonctionne un moteur de recherche ?
Les détails sont complexes, ainsi nous en tiendront nous à la version courte. Il s’agit en somme d’établir des relations entre les mots saisis (les requêtes) et une base de données de pages web appelés « index ». Le moteur  répond en fournissant une liste d’adresses ou d’UR, résumés, et correspondant selon lui à la question posé.
Malgré leurs approches parfois différentes, les principaux moteurs de recherche appliquent cette recette  reposant sur l’analyse textuelle.

  1. Un moteur de recherche se compose de trois parties principales :
  2. Un robot d’indexation (araignée, crawler en anglais)
  3. Un index
  4. Un système de traitement des requêtes reliant ces dernières  à l’index.

Cette dernière partie se charge aussi des calculs de pertinence et des classements. Des centaines d’autres facteurs influent sur la qualité de la recherche web, mais ces trois composants essentiels sont communs à tous les moteurs. Comme le révèle Tim bray, pionnier de la recherche web : « Il faut reconnaître que la théorie de la recherche web dans un corpus n’à guère progressée depuis les années 1970.

Toutes les requêtes démarrent avec un internaute, sa requête, son intention, son désir
d’obtenir une réponse, de trouver un site ou de se cultiver. Nous insisterons jamais assez : L’intention sous entend la recherche Web. Nous nous pencherons sur les requêtes qui répondent  à la question « quoi » , dans les articles suivants. Le plus souvent, elles consistent en un ou deux mots  et produisent plusieurs milliers  de résultats  parmi lesquels l’utilisateur choisira un ou deux liens. L’internaute moyen mène environ une recherche par jour.

Ces moyennes ne rendent pas compte d’un petit pourcentage d’irréductibles surfeurs composants quotidiennement plusieurs centaines de requêtes, ni de la proportion plus élevée de ceux qui n’en font guère plus d’une ou deux par mois. On s’en doute, toutes ces statistiques  augmentent peu à peu.

Ainsi, tout le processus démarre par le robot d’indexation. Le crawler est un logiciel spécialisé qui bondit de lien en lien sur la toile et rapatrie les pages rencontrées à des fins d’indexation. Il est séduisant d’imaginer les Crawlers comme de minuscules robots explorant les vastes corridors du cyberespace, mais la réalité est moins romantique. Ces programmes sédentaires restent à demeure sur leurs propres serveurs et réclament aux serveurs web distant des pages par zillions. Techniquement, ils se comportent comme des navigateurs.

Chaque document reçu est transmis au moteur d’indexation. Le crawler prend note des liens y figurant  et les emplie pour traitement ultérieur. Il passe ensuite au suivant dans sa liste ….et travaille sans cesse. Leurs subtilités sont complexes, mais on peut résumer leur comportement de manière fort simple : Ils composent URL après URL, s’en gavent sans jamais s’en repaître, et rapatrient le fruit de leurs découvertes. Longtemps restés discrets, les crawlers forment sans doute le cœur des moteurs de recherche. Plus ils découvrent de sites, plus vite ils travaillent, et meilleurs sera l’index. Un index plus complet produit des résultats plus pertinents.

Les premiers crawlers se contentaient de travailler sur les seuls titres des pages web. Leurs dernières versions travaillent sur le texte intégral des documents et comprennent aussi d’autres fichiers, comme le PDF, les fichiers bureautiques, les fichiers audio ou vidéo, ou encore les métadonnées propres à un site donné – ces informations structurées fournies par les auteurs d’un site en décrivent  les pages ou les contenus.

Le crawler envoie alors ces données à une gigantesque base appelée « index ». Ce dernier se décompose en plusieurs partie, selon que les données sont brutes ou rendues propres à la consommation. Les index bruts  sont des listes organisées par catégories :  tout site est associé à la liste de ses pages, à toute information s’y rapportant, à tout mot y figurant, aux textes d’ancrage des liens (qui les entourent et les composent), etc.
L’information y est organisée de telle sorte que si l’on reconnaît une url, il est possible de retrouver les mots qui s’y rapportent.

L’intérêt ? L’étape suivante dans la fabrication d’un index intelligent consiste à inverser cette base de données – en gros, construire une liste de mots associés chacun à des URL. De cette manière,  la requête «  Mongolie extérieure » renvoie immédiatement une liste d’adresses web où figurent ces mots.

Les premiers moteurs de recherche du Web s’en tinrent là. Dés la fin des années 1990, l’industrie de la recherche web a énormément innové sur les indexes et c’est désormais le lieu où se concocte une bonne partie des recettes secrètes de chacun.

Représentez-vous l’index comme une immense base de données d’importantes informations relatives  aux sites web. Des sociétés  innovantes comme Google doivent leur réputation à son étude – elles relèvent les motifs statistiques, les algorithmes potentiels, et découvrent de nouvelles manières d’exploiter cette manne pour répondre au mieux aux requêtes de l’internaute.

L’analyse est le procédé digérant l’index. L’algorithme « Page Rank » de Google en est un exemple : il examine les liens contenus dans une page, leur texte d’ancrage, la popularité des pages menant vers un document donné, et assemble tous ces facteurs pour déterminer l’adéquation d’une page  aux mots clefs d’une requête. Cette figure de proue  est toutefois omnisciente qu’elle n’en a la réputation, et Google utilise plus d’une centaine d’autres facteurs  pour produire ses résultats de recherche.

Lors de l’analyse, les index se remplissent de balises et autres métadonnées (ou données portant sur ces données). Les pages sont frappées de balises de langue ou de marqueurs les identifiant comme de l’agro-alimentaire, de la pub, ou des documents évoluant rarement. Ces précisions sont d’une importance critique pour la qualité du moteur de recherche.

Les données collectées par le robot d’indexation une fois analysées, indexées et marquées, elles sont stockéEs dans un index d’exécution, ou base de données prête à fournir des résultats. L’index d’exécution relie l’arrière-boutique (crawler et index) au guichet (serveur de requêtes et interface utilisateur).

Le serveur de requêtes est le logiciel transportant les termes d’une recherche web depuis l’interface (exemple : la page accueil de Yahoo.com) vers l’index d’exécution. Il renvoie les résultats sur l’interface utilisateur. L’étape d’analyse d’un moteur compte pour beaucoup dans sa qualité finale, mais le serveur de requêtes peut y participer à son niveau. Quiconque teste divers moteurs remarquera des fonctionnalités intéressantes  chez Ask.com, qui regroupe ses résultats par catégories potentiellement pertinentes.
Ainsi une recherche web sur « jaguar » renverra une liste de possibilités permettant d’affiner la question : « jaguar animal » ou « jaguar voiture ». Beaucoup de moteurs assistent leurs utilisateurs par de telles astuces d’ergonomie. Le but est toujours de fournir le résultat le plus approprié possible.

L’objectif ultime de tous les moteurs : déchiffrer votre véritable intention, votre souci et son contexte. 

Référencement Google : Qui ?

Passons à la question suivante sur la liste : qui effectue des recherches sur le Web ?
La réponse évidente, « pratiquement tout le monde », n’est certainement pas la plus satisfaisante. En consultant les données relatives aux habitudes de recherche recueillies à ce jour, on en apprend un peu plus. Au cours de l’été 2004, le projet « Pew Internet & American life » a publié un rapport traitant de l’usage d’Internet aux Etats-Unis. Sa conclusion : les internautes utilisent des moteurs de recherche  à 85 % - ce qui représente plus 110 millions de personnes. Deux tiers sont des chercheurs « actifs », qui font appel à un moteur de recherche plus de deux fois par semaine, pour une moyenne de 30 recherches par mois.
Chaque jour, Pew estime à 40 millions le nombre de personnes faisant appel à un moteur de recherche. Total : 4 milliards de recherche par mois, et cela ne porte que sur les moteurs les plus populaires. On pourrait encore y ajouter les boites de recherche d’Amazon.com, e Bay, ou celles des milliers de sites dOn pourrait encore y ajouter les boites de recherche d’Amazon.com, e Bay, ou celles des milliers de sites d’informations et de commerce électronique moins connus mais reposant eux aussi sur la recherche de contenus. Seul le courrier électronique est plus populaire, concluait le rapport. Selon La banque d’investissement Piper Jaffray, l’usage des moteurs de recherche ne cesse de se développer, et cette croissance moyenne annuelle de 20 % provient principalement de l’arrivée de sang neuf. Le nombre de recherches par utilisateur augmente quant à lui d’environ 25 % par an.

Qui donc utilise ces services ? Ces usagers diffèrent-ils du citoyen moyen ? En fait, oui.
Selon Pew, Internet est réservé à une élite qui couvre prés du tiers de la population. D’autre part, plus on est jeune, et plus on a étudié, plus on cherche. Corollaire intéressant : plus on cherche, plus on est interconnecté, plus on devient « numérique » et dépendant des services d’informations. C’est ainsi que les dépenses annuelles moyennes par foyer en matière de médias et de services d’informations ont augmenté de 32 %  tout au long des années 1990, passant de 365 à 640 dollars par an en deux ans.

Référencement Google : Quoi ?

Nous savons maintenant qui recherche et comment cela fonctionne. Reste à savoir ce qui est recherché. C’est là toute la beauté et toute la richesse du domaine : il repose sur l’inimaginable complexité inhérente au langage humain – ses combinaisons quasi infinies de dialectes, de mots et de nombres. Pipper Jaffray estime qu’environ 550 millions de recherches furent menées chaque jour dans le monde en 2003, quantité que les prévisions voyaient croître au rythme soutenu de 10% à 20 % par an. Net ratings, société d’étude basée aux Etats-Unis, estime que les recherches de ce pays s’accroissent de 30 % par an. Cela revient à dire qu’entre l’instant où ces mots sont rédigés et la date de publication de cet ouvrage, le total des requêtes du pays aura bondi de 4 milliards par mois à plus de 6 milliards – un taux de croissance époustouflant.

Nous l’avons relevé plus haut dans la section « référencement Google : Comment ? », la requête est l’aimant naturel de la recherche web, les osselets jetés à la poursuite du résultat parfait. Selon une étude de Majestic Research réalisé en juin 2004, les utilisateurs des moteurs de recherche restent très concis. Prés de la moitié des recherches portent sur deux ou trois mots. Et 20 % des requêtes n’en utilisent qu’un. Seule une recherche sur 20 recourt à plus de 6 mots. Dans l’ensemble, les requêtes prennent du poids à mesure que nous apprenons à naviguer dans cette étrange grammaire moderne du mot-clé. Ce nombre de mots n’a que peu d’intérêts en lui-même : ce qui importe, c’est moins la complexité de la recherche  que la complexité de la langue.

On ne peut soutenir que rien n’est plus créatif que la formulation d’une question judicieuse. Chaque jour, le monde en ligne se pose des centaines de millions de questions via les moteurs de recherche. Bien qu’il soit tentant d’en conclure que tout le monde se les mêmes questions, la réalité n’est pas si simple. Il exacte que les mêmes questions reviennent souvent, mais ce qui fait la force des moteurs de recherche, c’est la plus grande proportion d’interrogations originales.

Les recherches peuvent être classées en plusieurs grandes catégories. Selon Pipper Jaffray, bien que 20 % des recherches visent à se divertir alors que 15 % sont de nature commerciale, 65 % ont pour but unique de s’informer. Selon le Kelsey Group, un quart d’entre elles sont des recherches locales et la plupart de ces dernières sont de nature commerciale.

Quelques statistiques amusantes:

  • 15 % des internautes cherchent plutôt une collection de liens portant sur un thème  qu’un bon document.
  • Les requêtes à connotations sexuelles totalisent 12 % du total.
  • Prés d’un quart des utilisateurs voulaient retrouver un site web précis qu’ils avaient en tête.
  • 36 % d’entre eux recherchent des informations commerciales ou « souhaitent mener une activité rendue possible par le Web ».

 

Les activités propres au Web se traduisent par des recherches commerciales, bien que la différence entre les deux ne soit finalement pas si claire. De fait, les données de Pipper Jaffray suggèrent que le pourcentage exact de recherches commerciales dépasse 55 %.
On peut même soutenir que sur Internet, toute recherche est plus ou moins commerciale, quand le temps et l’attention de chacun présente de la valeur à autrui, même si l’on se contente d’étudier la généalogie  de sa grand-mère ou une espèce peu connue de dauphins. Au cours de votre périple, vous rencontrerez probablement de nombreuses publicités ; ces liens sont à l’origine des profits fabuleux dégagés par les moteurs de recherche.

Référencement Google : Ou et pourquoi ?

Nous savons maintenant qui cherche, ce que ces gens cherchent, et comment les moteurs leurs répondent. Mais quels sites sont pour cela contactés et pourquoi cherche-t-on ? Dans l’ensemble, nous ne sommes guère aventureux : à 85 % d’utilisateurs de l’un des quatre principaux portails (Microsoft, Yahoo, Google ou AOL), nous restons fidèles aux moteurs de nos débuts. Malgré quelques fluctuations dans les parts de marché et d’importantes améliorations des résultats renvoyés par Microsoft et Yahoo, Google demeure le leader incontestable de la recherche sur le Web.

Internet a beau être dix fois plus présents aux Etats-Unis que dans le reste du monde, ce pays n’est à l’origine que d’une requête sur six. Pour comprendre l’avenir de la recherche web, il convient donc sans doute de parler plusieurs langues ;

Pourquoi cherchons nous ? Quand ce n’est pas pour s’assurer d’être entrés dans l’Histoire, la réponse est bien complexe. Nous recherchons toutes sortes d’informations, des idées d’achats, ou d’anciens sites web déjà rencontrés --- on appelle « requête de navigation » la pratique consistant à retrouver un site à partir d’un moteur de recherche. En somme, on ne cherche que pour trouver.

« On cherche avant tout satisfaire ses propres besoins en informations », écrivent Daniel E. Rose et Dany Levinson, chercheurs employés par Yahoo, dans le document « Understanding User Goals in Web Search » (Comprendre les buts de l’usager dans sa recherche Web). « Après tout, personne ne prend place devant son ordinateur en se disant : Et si je menais quelques recherches ? ». La recherche web n’est qu’un moyen au service d’une fin, une façon de satisfaire un objectif --- pour connaître ce dernier il faudrait demander à l’utilisateur pourquoi il saisit telle requête. Tout est possible : choix d’un cadeau de mariage, connaître les cours du soir dans la région proposant un programme de poterie, savoir si son auteur préféré a sorti un nouveau livre. ».

En d’autres termes, nous cherchons bien plus que de simples réponses. Nous recherchons ce que nous avons déjà, et de plus en plus ce que nous ignorons pour l’instant --- comme aux débuts d’Internet, quand personne ne savait encore de quoi il retournerait. Jerry Yang, de Yahoo, me dit qu’aux débuts de son service, personne ne savait quoi trouver sur le Web et l’idée d’un annuaire répertoriant les derniers sites cools fut une révélation. Notre soif d’exploration s’est calmée quand nous avons pris nos marques ; de nos jours, nous considérons que tout est disponible en ligne. Cette immensité pose à son tour des problèmes ; nous pensons désormais qu’il existe des documents intéressants sans savoir comment les trouver. Nous cherchons alors dans l’espoir que ces derniers nous trouvent.

Jeff Bezos, PDG d’Amazon, appelle « découverte » toute recherche de ce dernier type --- elles sont d’ailleurs à l’origine d’une grande partie de son activité. L’une des armes les plus efficaces de sa société est son système de recommandation : « Les internautes ayant acheté [cet article] ont également acheté [les articles suivants] ». L’industrie de la recherche sur le Web distingue souvent, à mon sens à raison les requêtes de retrouvailles des requêtes de découverte. Dans cet ouvrage, le terme « recherche » recouvrira ces deux réalités.

En conclusion, on cherche donc à la fois pour retrouver ce qu’on a déjà trouvé et pour découvrir ce qu’on suppose exister, qu’il s’agisse de cours de poterie ou d’amis perdus de vue.

Référencement Google : Quand ?

La réponse à cette question banale se résume aux faits suivants : nous effectuons autant de recherches à la maison qu’au bureau. Le trafic sur les moteurs augmente le matin et croît à nouveau en soirée, alors que nous cherchons des places de cinéma, de l’aide pour les devoirs scolaires ou un plombier pour réparer une fuite.

Je préfére donc de replacer cette question « quand » dans un contexte historique pour éclairer nos recherches actuelles à l lumière du passé. On peut dire que l’humanité s’est mise en quête d’informations archivées dès l’apparition du langage symbolique ; l’index et les archives sont aussi anciens que les premières tablettes d’argile. Les technologies de classification et de recherche d’informations ne prirent leur essor qu’avec l’invention de la presse à imprimer et l’explosion de documents qui en résulte.

Vers la fin du XIXe siècle, Melvil Dewey, à qui l’on attribue généralement la paternité de la bibliothèque moderne, proposa un système de classification universelle reposant principalement sur l’idée d’un annuaire, et identifiant les ouvrages à l’aide d’un code numérique déterminant leur thème. Régulièrement mise à jour et encore largement répandue, cette méthode est pourtant incapable de traiter, à cause de sa focalisation sur le domaine des documents, le vaste Web.

Les premières recherches sur Internet remontent à l’apparition des calculateurs numériques, dans les années 1940 et 1950. Au fur et à mesure que l’ordinateur s’emparait des fonctions d’inventaire, du traitement des fiches de paie, des calculs financières et de la recherche scientifique, les institutions accumulèrent de grandes quantités de données qui, de par leur nature, pouvaient faire objet de recherches. Ce fut une révolution dans le secteur de la recherche d’informations. Comment classer les informations selon leurs composants élémentaires ‘les motos) ?

C’est là qu’intervient Gérard Salton, mathématicien de Harvard et Cornell, souvent qualifié de fondateur du domaine, que ces problèmes fascinaient. Vers fin des années 1960, il développa un extracteur de textes automagique appelé SMART (Salton’s Magical Automatic Retriever of Text). C’était peut-être le premier moteur de recherche, dont de nombreuses idées firent école et sont toujours employées.

Citons l’identification de concept reposant sur une pondération statistique et des algorithmes de pertinence s’appuyant sur les retours de requêtes. Les travaux de Salton revigorèrent le domaine et inspirèrent la tenue d’une conférence annuelle portant sur l’extraction de texte : la TREC (Text Retrieval Extraction Conference).

Du début des années 1980 au milieu des années 1990, cette TREC suivit les progrès dans l’art de l’extraction de texte. Universitaires et chercheurs s’y rassemblaient pour comparer la pertinence de leurs résultats, tous issus d’un corpus standardisé d’articles de journaux. La Web naissant, jugée trop inorganisé et imprévisible, n’y a pas suscité d’intérêt. Comme le firent remarquer en 1997 Larry Page et Sergei Brin, dans une publication annonçant la naissance de Google à la communauté scientifique : « Le test de référence en matière d’extraction de texte, la conférence TREC 96, utilise un ensemble de document relativement réduit et bien contrôlé. Ce « très gros corpus » ne contient que 20 Go de données, à comparer aux 147 Go déjà rassemblés par notre robot d’indexation à partir de 24 millions de pages web. Ce qui convient à TREC ne fonctionne pas toujours sur le Web…qui se distingue notamment des corpus traditionnels et bien organisés par l’absence de tout contrôle sur les contenus qu’on y trouve. Si l’on associe cette souplesse de publication à l’énorme influence des moteurs de recherche dans l’acheminement du trafic et au fait que certaines entreprises manipulent à dessein les moteurs pour gagner de l’argent, de gros problèmes ne manquent pas d’apparaître, que n’abordent pas les systèmes clos et traditionnels d’extraction d’informations ». Page et Brin poursuivent par la description de leur solution ; on connaît la suite de l’histoire. Le chapitre 3 décrit le monde de la recherche sur Internet avant Google.

Référencement Google : Aspects Financiers ?

La recherche sur le Web constitue désormais une activité économique importante. C’est même le domaine ayant connu l’expansion la plus rapide de toute l’histoire des médias. De ses débuts à la fin des années 1990 jusqu’en 2004, le chiffre d’affaire des liens commerciaux (liens sponsorisés ou paid search, c’est-à-dire recherche par mots clés) est passé de quelques millions à quatre milliards de dollars. Piper Jaffray estime que ce nombre atteindra 23 milliards de dollars en 2010. Avec de pareilles prédictions, on comprend que l’action de Google ait atteint 200 dollars en six mois de cotation boursière.

Pourquoi une telle croissance ? C’est tout simple : les liens commerciaux, ça marche ! Ces petites annonces apparaissant en réponse aux requêtes de centaines de millions d’internautes amènent des clients potentiels extrêmement bien disposés --- et c’est la came du business. Ces demandes d’informations issues de clients intéressés sont souvent transformées en ventes. Les CD-Rom d’installation inondant les boîtes aux lettres, les prospectus publicitaires et autres appels téléphoniques à l’heure du dîner n’ont d’autre but que de trouver de nouveaux clients. C’est la source de croissance la plus recherchée de toute l’économie occidentale. Pour quelle raison la recherche web est-elle si « tendance » ?

La messe est dite. Cette nouvelle méthode marketing, encore inconnue il y a dix ans est la plus efficace pour trouver de nouveaux clients.

Le nombre d’annonceurs convaincus est passé de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers ces cinq dernières années. Si l’on en croit Google, cette seule société serait en contact avec 225 000 annonceurs. La télévision n’est est pas là !

40 à 50 % de toutes les recherches livrent désormais des résultats accompagnés de publicité, selon Majestic Research. Cette proportion est appelée à croître à mesure que d’autres sites web s’adapteront pour convertir eux aussi les recherches en miens commerciaux. Selon Majestic, les liens de ces petites annonces sont suivis dans 13 à 14 % des cas (moyenne réalisée à partir de chiffres communiqués par Yahoo et Google).

Pas de quoi s’extasier, pourrait-on penser. Calculons donc les sommes en jeu. Début 2005, un clic était valorisé à 50 cents. Google et Yahoo se partagent deux milliards de requêtes mensuelles, soit environ 280 millions de clics payants. A 50 cents le clic, on trouve un chiffre d’affaires de 140 millions de dollars par mois pour leurs seules pages d’accueil. Google et Yahoo fournissent également des annonces pour habiller d’autres sites, activité dégageant un chiffre d’affaires comparable voire légèrement supérieur. Au total, ce sont des milliards de dollars qui rentrent chaque année dans les caisses de ces moteurs.

Comment expliquer ce succès des liens commerciaux ? C’était prévisible, nous sommes nombreux à recourir au Web pour effectuer certains achats. Une étude du Dieringer Research Group conclut en 2003, près de 100 millions d’internautes ont consommé à la suite de recherches sur Internet ; près de 115 millions s’étaient renseignés sur un produit.

Si Google et Yahoo dominent les liens commerciaux, ils ne sont ni seuls sur ce marché, ni propriétaires de la technologie. La première étape se contentait de fournir des annonces correspondant aux intentions des requêtes. De nouvelles générations de modèles publicitaires voient le jour, qui pourraient doper le marché. Désormais, les principaux moteurs guignent le marché des recherches locales, encore dominé par un outil qu’on croirait dépassé : les pages jaunes. A l’heure ou je rédige cet ouvrage, les liens commerciaux pèsent des centaines de millions de dollars alors qu’aux Etats-Unis, les pages jaunes forment un marché de 14 milliards. Ce fruit mûr ne demande qu’à être cueilli ; il est convoité par Ask, Yahoo, Google, CitySearch, et beaucoup d’autres petits acteurs. Tous se sont lancés dans des services locaux, alors que les pages jaunes classiques démarrent une activité sur Internet. Le pari est le suivant : il sera bientôt plus rentable pour un commerce de proximité de remplacer son budget annuel page jaunes par l’achat d’espace sur un moteur de recherche. A 500 dollars le dentiste, restaurant, ou pressing, la cagnotte grossira vite !

Au-delà de la recherche d’autres débouchés ( comme le marché local), les moteurs de recherche et les nouvelles start-ups innovent pour transformer le flux de nos clics en espèces sonnantes et trébuchantes. Le ciblage comportemental, par exemple, vise à suivre à la trace les recherches effectuées en les conjuguant à l’historique des pages web visitées. L’objectif est d’afficher des publicités pertinentes en analysant le contexte des comportements antérieures sur Internet. De même, la recherche web personnalisée vise à mieux vous connaître à l’aide des données démographiques que vous aurez saisies (par exemple, lors de votre inscription sur Yahoo) et/ou avec l’historique du flux de vos clics.

Ainsi, le moteur de recherche renverra des résultats plus pertinents et des publicités bien mieux ciblées qu’auparavant. Si lors de récentes recherches portant sur « Lincoln » vous avez préféré la voiture au président, les moteurs de deuxième génération vous présenteront des publicités pour des Lincoln (ou, comme cela arrive souvent, pour les concurrents de cette marque).

A mesure que l’économie de la recherche web se développera, d’innombrables innovations apparaîtront, reprenant l’idée géniale des liens commerciaux et de la publicité par mots clés. Avant de traiter des conséquences économiques ou de nous intéresser à la saga de Google, l’enfant prodige du domaine, semblent aujourd’hui synonymes, celle-ci précède celle-là, sous une forme ou une autre, de plusieurs décennies. Google a beau être le plus puissant moteur de recherche de notre époque, ce n’est certainement pas le premier.

 

Extraits du livre La Révolution Google de John Battelle

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